Préambule


R.A. Schwaller de Lubicz

"Croire, savoir et connaître sont les trois portes d'entrée du Temple.
"Savoir", c'est constater par les moyens actuels des sens, la réalité de ce que l'on a cru ; "croire", c'est avoir la conviction de la réalité de ce qui est indémontrable, mais la Vérité est la congruité de ce que l'on croit ou sait, croit et sait, avec ce qui est. Cette identification est Connaissance, elle est la porte de sortie au-delà du Temple : être dans l'Etre.
Nous pouvons croire en l'Univers en l'homme, nous pouvons étudier l'Univers par l'homme, parce que l'homme est confondu avec l'Univers en l'homme. L'identité de l'Univers avec l'homme est la source de sa Foi, la source de sa Science, la promesse de sa délivrance : la Connaissance de l'"Arbre du Centre" (Genèse de Moïse).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etudier un texte, et plus spécialement tenter de décrypter un texte symbolique, suppose généralement de partir de la version originale.

Lorsqu'il s'agit de la Genèse on peut légitimement se poser la question : ce texte fut-il écrit en hébreu, en araméen, en une autre langue? Nul ne le sait, sans doute.

Les textes qui aujourd'hui servent de base aux diverses traductions, ne sont eux-mêmes souvent que des transcriptions dont la fidélité, et donc la fiabilité, n'est pas assurée.


"La BIBLE se présente extérieurement comme une collection de livres d'époques et d'auteurs très divers : de la rédaction des plus anciens passages à celle des plus récents, au moins dix siècles se sont écoulés. Le nom grec de la collection (ta biblia, les livres) est à l'origine du nom qu'on lui donne aujourd'hui, la Bible " T.O.B.

...

Si l'on n'y a pas voué son existence, et puisque l'on ne peut s'improviser kabbaliste, doit-on pour autant abandonner toute idée de s'intéresser à un texte aussi riche de sens caché, porteur de si haute Connaissance ?

Je ne le crois pas. Car, comme l'ont dit

Josy Eisenberg et Armand Abecassis:

"En effet, on peut penser que la compréhension d'un phénomène ou d'un événement consiste dans la découverte de sa cause. Mais on peut, comme dans la méthodologie rabbinique, dépasser ce premier plan et se proposer de chercher non pas la cause d'un événement, mais sa signification."




Et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de tenter ma propre approche, à travers ma propre perception des symboles, du symbolisme et du sens caché des mythes.

Ainsi je tiens à insister ici sur ce point. Les développements qui vont suivre ne sont en rien comparables aux exégèses des kabbalistes ou aux commentaires réunis dans le Zohar, par exemple. Et le fait qu'il m'arrive de m'y référer ne change rien à ce fait.

Mon but ici n'est donc que d'exprimer, aussi simplement que j'en suis capable, les sentiments et les sensations qu'à fait naître en moi une lecture, totalement personnelle, de la Genèse et plus particulière-ment de son chapitre 3.

Le résultat n'est par conséquent ni exhaustif ni définitif ni, bien évidemment, objectif.

Tout au plus puis-je espérer fournir ainsi, à qui le souhaite, un appui pour que chacun conduise plus loin sa réflexion, dans quelque direction que ce soit. Et peu importe que personne n'emprunte mon chemin, peu importe même que je me sois éventuellement fourvoyé.

Les questions étant plus importantes que les réponses, ce n'est que de la confrontation des opinions que peut jaillir l'étincelle de lumière.