Avertissement

 

La première question qui doit être posée lorsque l'on décide de travailler à la recherche du sens possible d'un ensemble symbolique, est celle de savoir à quoi l'on a une chance d'aboutir.

Non que le résultat doive apparaître clairement au premier abord - la recherche en deviendrait évidemment superflue - mais l'utilité et la finalité de cette recherche doivent être préalablement envisagées.

Autrement dit, le but vers lequel je tends existe-t-il ou n'est-ce qu'un leurre, et s'il existe, me conviendra-t-il ;

si je parviens à l'atteindre, cela m'apportera-t-il quelque chose, cela m'enrichira-t-il intellectuellement et surtout spirituellement?

Le chemin que j'envisage de parcourir peut-il me mener où je souhaite aller?

Et donc, est-ce que je sais où je veux aller?


 

 

 

 

 

 

Si je parviens à avancer sur le chemin choisi, et même si je ne trouve rien, même si, en cours de route, je constate que je me suis fourvoyé, cette tentative m'aura-t-elle été utile malgré son échec apparent?


Et si je trouve quelque chose, cette découverte aura-t-elle un quelconque intérêt?

Pour moi?

Pour autrui?


 

 

 

 

 

Ouf! Que de questions!

Sans doute n'est-il pas possible, à priori, de répondre précisément à chacune. Mais toutes sont nécessaires à une vision claire du travail que l'on se propose d'effectuer.

Je me suis donc interrogé et j'ai apporté mes questions et, parfois, quelques réponses, celles qui, tout naturellement, m'apparaissaient comme évidentes.

Peut-être cela semblera-t-il peu crédible ou peu sérieux de remplacer la réflexion par l'intuition, la raison par la sensation ? Mais puisque ce fut cette intuition qui, s'imposant à moi, fut la motivation de départ, pourquoi le cacher? Parce que certaines images m'apparurent un jour comme des évidences, j'ai alors tenté d'en savoir plus.



Lucas van Leyden

 

Du plus loin que je me souvienne, le récit dit du péché originel m'a toujours été présenté comme une faute - ce qui est logique dès l'instant qu'on le regarde effectivement comme un péché - donc comme un acte punissable dont l'humanité souffrante paie encore aujourd'hui les conséquences.

Considérant cela comme une profonde injustice - pourquoi les enfants devraient-ils payer pour la faute des parents? - en totale contradiction avec l'idée que je me faisais de Dieu et avec l'image qui m'en était proposée par ailleurs, en particulier dans les Evangiles, j'avais plutôt tendance à m'en désintéresser. Au mieux pouvais-je le considérer comme un récit poétique non dénué de beauté.

Puis, un jour que je relisais ce passage, cette évidence m'est apparue : il n'est question ni de faute, ni de péché, ni de chute dans cette histoire sans pomme ni feuille de vigne. Ces mots en tout cas ne figuraient nulle part dans le texte que j'avais en main.


Pourquoi alors ces différences? Et n'y en aurait-il pas d'autres relativement au sens le plus généralement proposé?

Alors j'ai cherché, alors je me suis posé toutes ces questions, plus une tout particulièrement.

Je me suis interrogé sur le fait de savoir si j'avais une chance de progresser sur le seul chemin qui me paraisse valoir la peine d'être parcouru, le chemin de l'éternelle triple question fondamentale : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ?


 

 

 


Non que je suppose un seul instant être en mesure d'y apporter une réponse, aussi incomplète et provisoire soit-elle - qui le serait? - mais peut-être mes réflexions proposeront-elles un éclairage, bien évidemment partiel, susceptible d'aider à la progression de chacun.


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