Quelques instructions du vizir Ptahotep
(environ 2000 av. J.-C.)


Ne sois pas vain de ce que tu as appris, mais converse avec l'ignorant comme avec le sage. Car aucune limite ne peut être fixée au savoir, pas plus qu'il n'est d'homme habile qui puisse tout connaître. Une parole équitable est chose plus rare que l'émeraude trouvée par la petite esclave parmi les cailloux.

Si tu es un chef, l'un de ceux qui conduisent la multitude, efforce-toi toujours d'être bienveillant, afin que ta propre conduite soit sans reproche.

Grande est la Vérité, elle trace un chemin droit. Elle n'a jamais été renversée depuis le règne d'Osiris.

Celui qui transgresse la Loi en portera le châtiment.

La transgression est le fait de l'homme cupide ; mais la déconfiture balaiera ses richesses (mal acquises). Mal faire n'a jamais conduit l'entreprise à bon port. Car (l'homme cupide) dit : Je veux acquérir par moi-même, pour moi-même, et il ne dit pas : Je recevrai parce que j'ai bon droit. Mais les limites de justice sont fermes, et c'est ce que l'homme répète après son père.

Qu'un homme ne soit pas envieux s'il n'a pas d'enfant ; qu'il ne soit ni abattu ni querelleur à cause de cela. Car un père de famille, si grand qu'il soit, peut être dans l'affliction, et la mère de nombreux enfants a moins de paix qu'une autre. En vérité chaque homme est créé pour son destin par Dieu, qui est le chef d'une tribu fidèle à Le suivre.

Que ton creur déborde, mais réfrène ta bouche.

Si tu es le fils d'un homme de la prêtrise et que tu es envoyé pour apaiser la multitude, parle sans favoriser l'un des partis. Qu'on ne puisse pas dire : Sa conduite est celle des nobles, il est partial dans ses paroles. Efforce-toi de juger justement.

Si tu as précédemment été magnanime, en pardonnant à un homme pour le guider dans le droit chemin, évite-le, ne l'oblige pas à s'en souvenir.

Il excelle à entendre, il excelle à parler, l'homme qui obéit à ce qui est noble ; et l'obéissance d'un homme obéissant est une noble chose.

Combien il est bon qu'un fils reçoive de son père ce grâce à quoi il a atteint un âge avancé. Ce qui est désiré par Dieu est l'obéissance. La désobéissance est abhorrée par Dieu.

Celui qui a obéi devient quelqu'un à qui l'on obéit.