Aujourd'hui

 

Après plusieurs millénaires durant lesquels l'être humain interrogeait le Ciel pour connaître son destin, ses origines et son devenir, le rationalisme né des Lumières l'incita à chercher ailleurs et sur de tous autres plans les réponses aux questions fondamentales que tout Homme ne peut éviter de se poser. Le progrès technique lui fit entrevoir la fin de son esclavage matériel et l'espoir du paradis sur terre. Les désillusions ont remplacé les rêves et de ce fait, l'humanité de la fin du XXème siècle donne tous les signes extérieurs d'une perte de repères. Les hommes - au moins en Occident - ont perdu le contact avec le sacré.

Qu'est-ce que le sacré ?
Vaste notion, difficile à cerner, à ne pas confondre avec le divin.
Le sacré est le fait de l'Homme, qui le crée, l'installe en tel ou tel lieu adéquat dès lors qu'il réunit certaines conditions, précises et particulières, suffisantes et nécessaires. Le sacré ne suppose en rien l'existence de Dieu, même s'il n'y a évidemment aucune incompatibilité.
A l'inverse, ce qui est divin vient de Dieu, c'est ce qui a trait à Dieu. La notion de Dieu ne peut donc en être exclue.
Le sacré peut donc être sensible à tous les Hommes, quelle que soit leur Foi, alors que le divin ne concerne que ceux qui croient en l'existence de Dieu. En ce sens, le sacré est une notion profondément laïque, n'en déplaise à certains athées dogmatiques.

Car si le rationalisme est la seule voie possible en matière scientifique, ce type de réponse ne peut satisfaire à toutes les interrogations. En effet, bien que le progrès technique et technologique ait de nombreux aspects positifs indiscutables, cela ne mène nulle part quant au plan spirituel.
Or, sur ce plan, les hommes ont toujours eu besoin de se rassurer en cherchant à acquérir des certitudes afin de s'y appuyer pour tenter de lutter contre leur crainte de l'avenir et de l'inconnu.


C'est pourquoi je voudrais tenter de montrer que d'autres possibilités existent. Elles ont été longtemps oubliées du plus grand nombre, mises sous le boisseau. Et pourtant, elles sont transmises, depuis toujours, par ce qu'il est convenu de nommer la Tradition symbolique.
Mais l'entrée dans le chemin de cette Tradition nécessite un préalable.
Comme pour toute notion envers laquelle n'existe aucune preuve, pour ou contre, ce préalable est un acte de foi. Il faut donc admettre, sans raison apparente, que l'Univers, la Nature offrent les réponses à toutes les questions d'ordre métaphysique, ou pour mieux dire, supra-humaines. Le croyant y verra l'œuvre de Dieu, l'incroyant le fruit du hasard ou des lois physiques ; cela importe peu et relève de la seule conscience individuelle. D'ailleurs, cela n'est peut-être pas aussi incompatible et contradictoire qu'il y paraît à première vue.
Mais si l'on refuse d'admettre à priori cette affirmation, ce postulat, pour ainsi dire, il devient impossible d'entrer dans le monde des Symboles, dans la voie de la Tradition symbolique, au sens le plus large du terme, c'est-à-dire non limité aux messages des hommes vers les hommes. Si l'on refuse d'adhérer à cette foi, on se trouvera, nécessairement et automatiquement, adhérant à la foi contraire, puisque les deux termes opposés sont tout aussi invérifiables et indémontrables l'un que l'autre.