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" Le symbole
enseigne avant tout la modération nécessaire à celui qui s'y confronte
: il n'y comprend que ce qu'il est capable de réaliser dans
une lente ascension au plus profond du sommet intérieur.
"
Marie-Louise
Aucher, En corps chanté
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Qu'est-ce qu'un Symbole
?
Beaucoup de personnes
se sont posé cette question, qui ont rédigé de multiples
ouvrages sur ce sujet ; plus nombreux encore sont ceux et celles qui ne
se la sont jamais posée et qui utilisent régulièrement
ce terme. Cela explique sans doute pourquoi ce mot ne recouvre pas la
même signification en toutes circonstances et donc pourquoi il est
si difficile à comprendre
et par conséquent de se
faire comprendre lorsque l'on parle des Symboles. En effet, le concept
de Symbole est tellement riche et vaste dans sa signification, qu'il se
prête à tous les usages et donc à toutes les confusions.
Sans prétendre
résoudre ce problème - qui à mon humble avis restera
à jamais posé (sauf à changer radicalement de vocabulaire)
- je voudrais pourtant essayer de l'éclairer de mon propre point
de vue.
Mon propos ne sera donc pas ici d'en faire l'exégèse. A
supposer même que cela fut possible, le résultat ne présenterait
aucun intérêt, en ce sens qu'il ne permettrait sans doute
à personne d'entrer dans le monde des Symboles. Je laisserai donc
à chacun le soin de prendre cette direction s'il le souhaite.
Mon propos sera plutôt de décrire ma façon de percevoir
le Symbole, afin de permettre au lecteur de se situer par rapport à
cette voie, soit pour la suivre, soit pour s'en éloigner, selon
sa propre sensibilité.
Après tout, peu importe le chemin choisi, si l'on parvient quelque
part où l'on se sente bien ; et puisque c'est mon cas, je pense
devoir offrir la possibilité du même type de cheminement.
Pendant des années, le mot symbole ne signifiait rien de particulier
pour moi, et j'avais même des difficultés à en comprendre
le sens profond. A force de recherche et de réflexion, je suis
parvenu à une perception précise et significative, qui m'a
permis d'éclairer la plupart des points obscurs et d'entrer ainsi
dans le monde des Symboles.
Pour trouver cette issue, je suis passé par diverses étapes
que je pourrais synthétiser ainsi :
1) L'Univers préexiste à l'Homme, mais celui-ci, par son
regard, par sa conscience, le fait vivre ;
2) L'Univers contient un certain nombre d'objets qui peuvent être
perçus comme des Symboles. Le sont-ils intrinsèquement ou
seulement au travers du regard de l'Homme? Voici une des questions fondamentales
qui ne peut recevoir qu'une réponse subjective. Ces Symboles -
si on veut bien les considérer comme tels - portent en eux les
réponses aux questions métaphysiques les plus fondamentales.
L'un des buts de l'être humain étant par conséquent de tenter
de les déchiffrer.
3) Quels objets peuvent-ils être considérés comme
étant des Symboles ? La réponse appartient à chacun.
Ma propre réponse est exposée ici en détails.
4) Où cela nous mène-t-il ? Eventuellement à l'adhésion
à une métaphysique, à la découverte d'une
certaine forme de Foi.
En exposant les résultats
auxquels je suis parvenu, aussi partiels et provisoires soient-ils, peut-être
aiderai-je certains à trouver leurs propres réponses. Et
qu'importe si elles diffèrent des nôtres : je ne prêche
pour aucune chapelle ; mon seul but est de permettre à chacun de
trouver librement sa voie.
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"... ce
sont les symboles inanalysables qui donneront la connaissance des
choses divines."
Jamblique,
De Mysteriis
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Qu'est-ce donc qu'un
Symbole ?
Tentons une première
réponse grâce au dictionnaire.
Le Petit Robert nous
dit :
Symbolus " signe de reconnaissance ", du grec sumbolon, d'abord
morceau d'un objet partagé entre deux personnes pour servir entre
elles de signe de reconnaissance.
Ainsi, originellement, le mot Symbole désigne un signe de reconnaissance.
Par la suite, les mots de passe, plus ou moins sophistiqués, ont
remplacé les objets dans cet usage.
Puis ce dictionnaire
continue :
Ce qui représente autre chose en vertu d'une correspondance :
1. objet ou fait naturel de caractère imagé qui évoque,
par sa forme ou sa nature, une association d'idées " naturelle
" (dans un groupe social donné) avec quelque chose d'abstrait
ou d'absent...
2. Ce qui, en vertu d'une convention arbitraire, correspond à une
chose ou à une convention qu'il désigne : symboles mathématiques,
symboles chimiques...
Nous voyons donc
apparaître une évidence : le mot Symbole recouvre des significations
extrêmement différentes, presque opposées, qui justifient
les confusions de compréhension et d'utilisation auxquelles je
faisais allusion.
Définir le Symbole est par conséquent une opération
extrêmement complexe. Par sa richesse même, il refuse de se
laisser enfermer dans les limites que l'intelligence humaine peut déterminer.
Car il en va des Symboles et du Symbolisme comme de la musique ou de la
poésie. On peut les analyser, les disséquer, les expliquer
même, sans les comprendre au fond de soi. On peut les vivre, les
ressentir profondément, les connaître donc sans les avoir
étudiés et sans les savoir rationnellement.
L'attitude la plus courante, celle qu'en fait on retrouve chez la plupart des auteurs, consiste à considérer comme Symbole, et donc à l'étudier comme tel, tout objet susceptible d'être porteur d'un message.
Ainsi Gilbert Durand nous dit :
« Le symbole se définit... d'abord comme appartenant à la catégorie du signe. Mais la plupart des signes ne sont que des subterfuges d'économie... Ainsi un mot, un sigle, un algorithme remplacent économiquement une longue définition conceptuelle »
Les signes peuvent parfois être choisis arbitrairement. Tels les panneaux de signalisation routière ; ou la Croix Rouge. Dès l'instant où il est connu et expliqué, ce signe prend tout son sens et le conserve, le reproduit. D'autres signes ne peuvent être choisis arbitrairement.
« L'idée de justice est figurée par un personnage punissant ou absolvant, et j'aurai alors d'une allégorie ; ce personnage pourra être entouré ou se servir de différents objets : tables de la loi, glaive, balance, et j'aurai affaire alors à des emblèmes... L'allégorie est traduction concrète d'une idée difficile à saisir ou à exprimer simplement... On peut donc, en théorie du moins, distinguer deux sortes de signes : les signes arbitraires, purement indicatifs, qui renvoient à une réalité signifiée, sinon présente du moins toujours présentable, et les signes allégoriques, qui renvoient à une réalité signifiée difficilement présentable. Ces derniers signes sont obligés de figurer concrètement une partie de la réalité qu'ils signifient ».
Et, d’après cet auteur, nous arrivons au symbole
« lorsque le signifié n'est plus du tout présentable et que le signe ne peut se référer qu'à un sens et non à une chose sensible... Mais il y a un paradoxe qu'il faut souligner. Inadéquat par essence d'une façon encore plus radicale que ne le sont les images et les emblèmes, le symbole est inversement contraint à beaucoup moins d'arbitraire, beaucoup moins de convention. Le symbole, en dernier ressort, ne vaut donc que par lui-même... Le symbole est une représentation qui fait apparaître un sens secret, c'est, comme dit Godet « un infini dans le fini. »
D'autres auteurs ont une perception plus ésotérique :
« Les symboles sont des clés qui nous permettent d’accéder à une compréhension plus profonde de la vie. Si nous voulons découvrir des réponses crédibles aux questions fondamentales de l’existence humaine, nous ne pouvons continuer à fermer les yeux sur la réalité symbolique. »
ou plus empreinte de spiritualité :
« Le symbole ésotérique est un fait naturel ou artificiel qui provoque une réponse vitale abstraite... Qu'il soit image naturelle ou combinée, ou signe conventionnel, le propre du symbole est d'être une synthèse... le symbole n'a pas à être vrai, ni à être considéré comme tel ; il n'est pas la vérité, mais il est la “réalité”. »
Ces définitions
savantes, ces explications complexes pourraient amener le lecteur à
se décourager de jamais comprendre le Symbole, de jamais rien discerner
dans les Symboles. Cela tient peut-être à ce que la démarche
de certains de ces auteurs relève de la même attitude qui
faisait autrefois rechercher l'explication de la vie dans la dissection
des cadavres.
Pour tenter d'éviter cet écueil, je vais essayer de donner
une autre définition du Symbole, non pas meilleure ou plus complète,
sans doute, mais, du moins je l'espère, plus simple, plus facilement
accessible, et, de cela en tout cas je suis certain, plus proche de cette
perception qui m'a permis, un jour, de faire le premier pas, de franchir
la première porte.
Mais auparavant, je tiens à insister absolument sur cette idée
:
"Il
vaut mieux ignorer en sachant qu'on ignore, que d'attribuer, par outrecuidance,
un sens de hasard aux symboles!"
En ajoutant d'ailleurs qu'un Symbole se perçoit par la sensation
et non par la raison. Le Symbole, par nature, est ressenti et non compris.
En ce sens on pourrait voir le Symbole comme un émetteur d'énergie
; au même titre qu'il existe des émetteurs et des récepteurs
d'ondes de toutes natures et de toutes longueurs, l'observateur est un
récepteur que l'énergie émise par les Symboles atteint,
pénètre et nourrit.
Nous voyons donc qu'il est inutile d'analyser un Symbole pour le comprendre.
Il est nécessaire par contre d'en percevoir la nature pour le connaître
intuitivement.
L'intuition, en cette matière, est le grand mot, la seule voie
possible.
L'intelligence rationnelle, trop souvent déformée par l'enseignement
intellectuel reçu, mène à l'incompréhension
par l'application de réflexes acquis impropres. Et l'on confond
ainsi "l'intelligence cérébrale" et "l'intelligence
du cur".
« La Conscience et l'Idée n'ont nullement besoin de l'organe cérébral, mais font partie de ce que les Anciens appelaient l’ « Intelligence du Cœur » c'est-à-dire le rapport naturel de la Nature en nous vis-à-vis de cette Nature hors de nous... Il y a deux sortes d'intelligence. L'une est celle de la Connaissance à priori, l'expérience innée, la source de la Raison pure, que nous appellerons Intelligence du Cœur ou spatiale, susceptible de concevoir, qui peut voir l'Idée. L'autre est l'intelligence cé-rébrale, bidimensionnée, empirique, source du raisonnement ou coordination des notions inscrites, qui peut comprendre, qui matérialise l'idée.» R.A. Schwaller de Lubicz : Le Miracle Egyptien, collection Champs, Flammarion
Peu importe les savants
traités qui décortiquent les Symboles, qui tentent d'en
définir la nature à l'aide de mots et de concepts dont seuls
certains spécialistes parviennent parfois à entrevoir le
sens, qui tentent d'en extraire la "substantifique moelle" en
les autopsiant scientifiquement. Cela ne sert à rien, cela ne mène
nulle part, sinon à une impasse. Cela est et sera toujours inutile,
car le Symbole ne se laisse pas appréhender par ces moyens. Cela
est inopérant, car le symbole appartient à un Univers auquel
l'analyse rationnelle, la technique et la science n'ont pas accès.
Leurs univers sont parallèles et ne se rejoignent donc jamais.
Comprendre ce n'est pas toujours ressentir ; analyser ce n'est pas
véritablement percevoir.
En effet il n'y a pas de critère objectif pour reconnaître
la vérité de la signification d'un Symbole. Il n'y a en
définitive qu'un seul critère, totalement subjectif : l'émotion!
Car le Symbole parle au cur, non à la raison. Tout au plus
la raison peut-elle tenter de décrypter le message pour le porter
au niveau de la conscience. Comment en ce cas transmettre à l'autre
ce qui est presque exclusivement personnel?
Si tu pleures devant telle signification, c'est qu'elle te convient, tout
comme tel poème te plairait, comme tu aimerais telle musique, du
fait de l'émotion qu'ils feraient naître en toi. Pourquoi
chercher plus loin? La lumière alors est atteinte, au moins la
petite lumière contenue dans le cercle de ce Symbole.
La seule manière de connaître le sens d'un Symbole, sa signification
profonde, c'est de renaître avec lui, de " co
naître
", et l'unique voie pour y parvenir est celle de l'intuition, de
"l'intelligence
du cur".
L'intelligence du cur, c'est l'émotion, c'est la larme versée
sans raison apparente, sans raison consciente.
Toute autre voie est stérile, car elle sclérose les sensations
qui mènent aux Symboles.
Et pourquoi la vérité
ne passerait-elle pas par cette porte? Qui peut affirmer le contraire?
Qui peut le démontrer?
La Vérité est universelle, comme le symbole.
Pour moi, il existe
deux sortes de Symboles : ceux qui portent un message humain et ceux qui
transmettent une vérité universelle, offerte par l'Univers
à qui peut, ou veut, la déchiffrer.
Les Symboles de la première catégorie peuvent être
n'importe quel objet choisi par celui ou ceux qui ont voulu transmettre
leur message par ce biais (souvent ils n'en avaient aucun autre à
leur disposition) parce qu'ils le considéraient comme le mieux
adapté à leur propos et à leur but.
Le Symbole recouvre dès lors une notion de message caché,
ou tout au moins inconnu de toute personne non avertie. C'est en ce sens
que nombre d'initiés - ou prétendus tels - à des
sciences plus ou moins occultes ont utilisé ce qu'ils ont nommé
des Symboles pour transmettre de manière mystérieuse les
révélations ou les découvertes qu'ils prétendaient
détenir. Dans ce but, ils ont utilisé toutes sortes de signes
ou d'objets (tout au moins leur reproduction) pour transmettre leur message
ésotérique. Nul ne peut prétendre déchiffrer
ce langage - en admettant que cela en soit un - sans en connaître
la clef, c'est-à-dire sans avoir reçu un enseignement spécifique
et adapté qui n'est pas sensé être délivré
à n'importe qui.
Les Symboles de la
seconde catégorie, parce qu'ils véhiculent un message
qui précède et dépasse l'Homme, sont et ne peuvent
être que des objets non inventés, non créés
par l'homme.
« Chaque chose naturelle dans l’Univers est un hiéroglyphe de la Science divine. Chaque animal, chaque espèce de plante, chaque groupe minéral, est une étape de la « prise de conscience » de la Cause cosmique pour aboutir en l’organisme total de l’homme humain, le Microcosme — « l’homme à son image. » R.-A. Schwaller de Lubicz : Propos sur Esotérisme et Symbole, Dervy-Livres, p 22.
Comme je viens de l'indiquer, un Symbole ou un ensemble de Symboles créés
ou choisis par une ou des personnes ne peuvent être décryptés
qu'à travers la grille, le code que celles ou ceux qui les ont
créés ou choisis ont mis en place. De même que l'on
ne peut jouer à un jeu de cartes sans en connaître la règle,
on ne peut comprendre un ensemble Symbolique sans en posséder la
clef. Si cet ensemble est artificiel, c'est-à-dire créé
par l'homme, cette clef ne peut être devinée : elle est soit
transmise, soit perdue. En cela les symboles artificiels sont totalement
réducteurs et limités dans leur utilité.
Au contraire, si cet ensemble est naturel, il ne répond à
aucune autre règle que celle de la Nature et puisque l'Homme est
lui-même un produit de cette Nature, il possède en lui, même
inconsciemment, cette clef nécessaire et suffisante. Il peut donc
alors déchiffrer le sens des Symboles, pour peu qu'il fasse appel
à son instinct plus qu'à sa raison, qu'il cesse d'être
adulte pour redevenir enfant, qu'il parvienne à recouvrer l'innocence
primordiale. Et si, par analogie avec des images, l'homme peut exprimer
des sensations indicibles autrement, que dire alors du message de l'Univers
contenu dans les Symboles, compris comme objets naturels!
« Quand nous employons le mot « symbole », faute de disposer d’un autre plus exact, nous pensons au symbole naturel, et à la figuration qui est l’Idée projetée en la chose représentée.
Inversement, dans l’esprit pharaonique, la chose ou l’être naturel n’est que la matérialisation de l’Idée, dont elle est le symbole. L’oiseau qui vit dans l’air a caractère aérien ; par ses mœurs (vie, nourriture, mode de chasse, affinités et inimitiés, caractère, mode d’assimilation, etc.), il devient l’incarnation d’une fonction, d’une étape de la genèse universelle et, enfin, d’une Idée. Ainsi tout chose naturelle est l’incarnation d’un principe ; elle est son symbole. » R.-A. Schwaller de Lubicz : Le Temple dans l’Homme, Dervy-Livres, p 26
Et ceci est la première
étape que l'on doit franchir si l'on veut tenter de percevoir véritablement
le sens que je veux donner à mon étude ; il faut impérativement
s'imprégner de ce postulat qui doit devenir une évidence
pour l'esprit du chercheur : ce que j'appelle ici un Symbole est et ne
peut être qu'un objet naturel. Qu'il appartienne au règne
minéral, au règne végétal ou au règne
animal importe peu. Qu'il soit commun à toutes les contrées
ou limité en un lieu unique, pas d'avantage. Qu'il soit perçu
dans sa réalité ou à travers tel ou tel mode de reproduction,
de représentation, dessin, sculpture, photographie, ne modifie
en rien cette réalité. Dès l'instant où l'objet
ainsi répertorié n'est pas le fruit de la création
humaine, de son imagination, de son art, dès lors qu'il préexiste
à l'intervention humaine, même ignoré, même
caché, alors il s'agit potentiellement d'un Symbole. Et peu importe
qu'il soit jamais reconnu comme tel.
Et par le fait même, le message transmis par ces Symboles est universel
et transcendant. Ce n'est pas une petite part de lumière, une parcelle
de vérité découverte ici ou là par tel ou
tel individu, par telle ou telle école, mais la Lumière,
la Vérité, dans l'amplitude de leur totalité. A l'Homme
de savoir les déchiffrer.
Ainsi, le Symbole cosmique, objet naturel, est le contenant des réponses
que l'Univers - la Nature - offre aux questions que l'homme se pose!
L'homme ne possède que les questions, dont il ignore la plupart
des réponses. Comment pourrait-il alors concevoir et construire
l'objet qui contiendrait ces réponses? Cela me paraît impossible!
L'Univers, d'après les astrophysiciens, serait infini dans le Temps
et dans l'Espace. L'Homme est un être fini - en apparence - qui
ne peut donc - avec sa raison - concevoir l'infini. Il ne peut donc pas
plus concevoir les réponses aux questions que crée pour
lui son angoisse devant cet infini.
Seul l'Univers possède ces réponses ; et elles sont offertes
à l'Homme au sein des Symboles. C'est pourquoi le Symbole cosmique
ne peut être inventé, fabriqué par l'homme. Il ne
peut qu'être constaté et, le cas échéant, reproduit,
recopié.
Pour comprendre la nature du Symbole et le sens du Symbolisme, il faut
donc accepter ce postulat que l'Univers comporte les réponses à
toutes les questions, y compris les plus fondamentales, et qu'elles sont
contenues dans les symboles.
Si l'Homme veut trouver ces réponses, il faut et il suffit qu'il
soit capable de déchiffrer le sens des Symboles. Pour cela il faut
donc d'abord comprendre ce qu'est un Symbole, afin de ne pas se tromper
d'objet.
Parce qu'il est un
objet naturel, un Symbole est Universel - autant dans la dimension spatiale
que dans la dimension temporelle.
Et sa signification profonde, cachée, sera fonction de la nature
même de cet objet, de cette plante, de cet animal. En ce sens, le
Symbole est une porte ouverte sur la compréhension du monde, puisque
chaque Symbole puise dans la nature son sens caché, donc révélateur.
Mais parler de Symbolisme à propos d'uvres d'art, aussi belles,
aussi merveilleuses qu'elles puissent être, c'est détourner
le sens du mot Symbole, c'est l'étendre vers des contrées
où il perd sa signification, c'est se fourvoyer en détournant
le concept de son sens profond, c'est lui ôter toute sa valeur de
vecteur, de signifiant universel.
Quel que soit l'objet considéré en tant que Symbole, sa
fonction doit être naturelle. C'est en effet la fonction qui fait
de l'objet un symbole et seule la fonction naturelle peut le mettre en
relation directe avec l'énergie de l'Univers ; ainsi seule la fonction
naturelle peut faire qu'un symbole soit porteur du message de l'Univers.
Ceci peut s'exprimer également ainsi : seul l'objet en rapport
avec la vitalité d'un Neter peut être considéré
comme un Symbole.
Ceci est l'un des enseignements de la Science Sacrée, ceci est
le message de la Tradition.
L'enseignement symbolique véritable ne peut donc être que
naturel. Toute la symbolique de l'Egypte pharaonique est basée
sur cette évidence non démontrable et ne fait, en réalité,
que la démontrer.
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Elément d'une
mémoire collective, qui parle à ceux qui partagent la même conception
spirituelle, qui permet d'éveiller une idée, le symbole permet de
percer l'essence des choses, de retrouver des jalons sur la voie
initiatique. Chacun peut y puiser selon sa conception du moment,
selon son propre degré de réalisation spirituelle.
Cette forme de raisonnement reste incomprise pour beaucoup car le
symbole est le véhicule de la pensée traditionnelle, la survivance
d'une science sacrée.
La signification incluse derrière le symbole contient à la fois
le passé et l'avenir en gestation. Il est ainsi plusieurs possibilités
de définitions suivant le degré de connaissance de qui l'interprète.
Le symbole est le lien entre l'homme et le divin, il n'est qu'un
commencement, la route reste à faire.
Il faut du temps pour l'intégrer car c'est un signe énigmatique,
d'expression mystérieuse, véhicule d'un langage universel, il n'impose
rien mais suggère. Le chemin de chacun reste rigoureusement personnel.
…
Il est difficile d'en parler, car il est la profondeur même, son
sens reste incommunicable car sa signification se situe à la racine
même de l'universel, il ne peut que suggérer, c'est à dire " mettre
sur le chemin de l'éveil ".
Ses sens sont multiples et apparaissent sous divers aspects, cependant
finalement ils n'ont qu'une seule interprétation, profonde et éternelle.
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Pour comprendre ce
qu'est un Symbole, il faut donc tout d'abord percevoir absolument qu'il
est plus destiné à être ressenti qu'expliqué,
constaté qu'analysé.
C'est pourquoi, je l'ai dit, le but de ces lignes n'est pas d'imposer
mais de proposer, non pas de montrer mais de suggérer.
Ainsi naîtra peut-être, pour certains, une vibration en harmonie
avec leur attente intérieure, parfois inconsciente.
Le chemin des Symboles est un chemin de liberté, où chacun
fixe ses propres limites, qui peuvent varier à mesure de l'évolution
intérieure mais que nul autre ne peut connaître. Sur ce chemin,
chacun avance à son rythme, s'arrête et repart à sa
convenance, et ne trouve que ce qui lui convient - ou plus précisément,
fait naître à sa propre conscience ce qu'il avait en lui
inconsciemment.
Du fait même
qu'il est un objet naturel, tout Symbole est éternel et universel.
Apparu avec l'Univers (et qui sait, peut-être avant ?) il ne disparaîtra
qu'avec lui.
Un Symbole a trois niveaux de lecture : parlant, signifiant, cachant,
et seul le troisième est véritablement porteur du message
symbolique.
Ainsi que nous l'indique Fabre
d'Olivet:
"
les Prêtres (égyptiens) avaient
trois manières d'exprimer leur pensée. La première
était claire et simple, la seconde symbolique et figurée,
la troisième sacrée ou hiéroglyphique. Ils se servaient,
à cet effet, de trois sortes de caractères, mais non pas
de trois dialectes, comme on pourrait le penser. Le même mot prenait
à leur gré le sens propre, figuré ou hiéroglyphique.
Tel était le génie de leur langue. Héraclite a parfaitement
exprimé la différence de ces trois styles, en les désignant
par les épithètes de parlant, signifiant, et cachant
"
Un Symbole, pour
prendre tout son sens, doit être relié à la Nature,
d'une manière ou d'une autre.
Ceci est le fondement
même du Symbolisme, dont le message est contenu dans la Nature et
qui ne contient aucune morale. Donc, quelle que soit l'apparence d'un
Symbole, son aspect caché, celui qu'il nous faut rechercher en
notre Cur, ne s'explique que par son rapport avec la Nature, avec
le Cosmos, où il doit prendre sa signification. Il transpose un
Enseignement Universel à l'échelle humaine, il permet sa
compréhension, sa transmission et son utilisation à travers
la Connaissance.
Un Symbole qui n'aurait pas ce lien avec l'Univers, qui serait intégralement
et exclusivement à la dimension humaine, qui ne comporterait qu'une
leçon de morale, serait tout sauf ce que j'appelle un Symbole.
D'ailleurs, je l'ai déjà indiqué mais je tiens à
insister sur cette notion, le Symbolisme ne comporte aucune dimension
morale. Dans cette optique, le bien et le mal sont deux aspects d'un seul
et même état, tout aussi nécessaires l'un que l'autre,
et qui n'ont pas à être classifiés selon leurs conséquences.
Comment percevrions nous le bien, qu'en penserions-nous, si le mal n'existait
pas ?
"On ne saurait même pas le nom de la justice s'il n'y avait
pas d'injustices." Héraclite d'Ephèse, Fragment 23
La morale est une chose, nécessaire, indispensable, le Symbolisme
en est une autre. Leurs niveaux ne sont pas comparables, ils ne doivent
pas être confondus. La morale est d'ordre humain, nécessaire
à l'organisation et au fonctionnement des sociétés
humaines, elle est créée ou adaptée par l'homme,
rapportée à son échelle ; le Symbolisme, tel que
je l'évoque ici, est d'ordre cosmique.
Si l'on peut considérer
que le deuxième niveau de lecture d'un Symbole - signifiant - comporte
un aspect moral c'est parce qu'il contient les "ordres de Dieu"
alors que le troisième niveau - cachant - est strictement symbolique
car il contient l'explication de son uvre !
La référence
à un écrit, que ce soit la Bible, le Coran ou tout autre
texte sacré, ou bien que ce soient les mythes de toutes origines,
suppose, pour que leur signification éventuelle transcende l'apparence,
que l'on soit convaincu de leur origine divine. En effet si l'on considère
qu'il ne s'agit là que de textes purement humains, nés,
d'une manière ou d'une autre, de l'imagination humaine, ils perdent
toute leur importance absolue pour devenir anecdotiques. Dès lors
que la valeur du message est proportionnelle à l'importance de
l'auteur - inconnu le plus souvent - ils cessent d'être vecteurs
de la Vérité pour devenir porteurs de relativité.
Ce qu'un homme affirme peut être contredit par un autre homme. Si
donc le lecteur de ces textes ne possède pas la conviction que
Dieu les a dictés aux hommes, il ne peut en tirer aucune leçon,
sinon historique ou sociologique.
Par contre, les Symboles naturels ne peuvent être soumis à
pareille critique puisque, par définition, ils n'ont pas été
créés par l'Homme. Ils ne peuvent donc être considérés
que comme des vecteurs du message naturel absolu et entier. Seule leur
interprétation (ou plutôt leurs interprétations) relève
de la relativité humaine, de la subjectivité la plus étendue,
et c'est d'ailleurs ce qui fait toute leur richesse.
Les Symboles n'imposent
pas, ils proposent, ils n'enseignent pas, ils éveillent. S'appuyer
sur les Symboles pour avancer c'est d'abord affirmer et préserver
sa propre liberté et celle d'autrui. Mais c'est aussi cheminer
à son propre rythme, sans contrainte, sans échéance
imposée. Le Symbolisme ignore le dogme et la vérité
révélée. Les Symboles contiennent la Vérité,
l'Homme y cherche (et parfois y trouve) sa parcelle de vérité,
personnelle et incommunicable. La trouver, c'est vivre l'harmonie en soi.
C'est dire combien l'approche des Symboles est une démarche totalement
subjective, excluant absolument objectivité et rationalisme. C'est
dire que la seule étude de l'utilisation des Symboles à
travers les civilisations ne peut aucunement mener à leur intégration
comme outil de progression individuelle.
Par contre, les Symboles universels et cosmiques doivent permettre à
l'Homme qui les appréhende et fait vivre leur interprétation
de contribuer à rétablir ou renforcer l'harmonie cosmique
universelle.
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