Des Nombres

 


Il peut paraître contradictoire de consacrer un chapitre à la symbolique des Nombres après avoir tant insisté sur ma vision du Symbole en tant qu'objet naturel. Cependant, cette apparente contradiction ne provient, à mon avis, que d'une mauvaise perception de la nature des Nombres et d'une incompréhension du sens spécifique de ce terme.

C'est pourquoi je vais tout d'abord tenter d'éclairer ce point.


Pour cela il paraît nécessaire de préciser le sens des termes utilisés.

Ne confondons pas, comme cela est trop souvent le cas, les mots "nombre" et "chiffre".


Un nombre est une abstraction que l'on désigne soit avec des chiffres soit avec des lettres. Les chiffres, qui peuvent être romains, arabes ou autres, ne sont que des signes permettant de représenter commodément les nombres. Ainsi, en hébreux, chaque signe de l'alphabet est à la fois lettre et chiffre, et peut permettre de former soit des mots, soit des nombres.

Pour plus de détails et de précisions, je ne saurais d'ailleurs trop suggérer la lecture du livre de Georges Ifrah.

Ceci posé, les nombres peuvent être utilisés, ou considérés, de deux manières différentes.

D'abord d'un point de vue mathématique exotérique, dans le but de dénombrer, de calculer. Ce sont donc alors des outils, dont toute l'importance apparaît surtout lorsqu'ils sont combinés ensemble.

Ensuite du point de vue ésotérique ; ils sont alors représentés par les mêmes signes que précédemment, bien sûr, mais leur sens devient tout autre et leur signification n'est, et ne peut être, que symbolique.

Donc, pour résumer, retenons les deux définitions suivantes :
1/ Le Nombre est une valeur contenant deux significations, l'une mathématique, l'autre ésotérique. Ce Nombre se manifeste à travers la quantification.
2/ Le chiffre est le signe, inventé par l'homme, qui lui permet de visualiser, de noter, d'exprimer les Nombres puis, dans le cadre des mathématiques, de les combiner entre eux.

Ainsi le chiffre est le "signe artificiel" qui manifeste le "nombre naturel".

Nous voyons donc bien que la contradiction évoquée est levée : puisque le Nombre est une entité naturelle, c'est donc qu'il est apparu avec l'Univers et préexiste par conséquent à l'Homme, qui n'a fait que découvrir son existence à travers le dénombrement. Et s'il a inventé des systèmes mathématiques pour les combiner entre eux et ainsi les utiliser au plan pratique, cela n'a en rien modifié leur nature fondamentale.

C'est pourquoi nous pouvons écrire que le Nombre intègre un composant symbolique.

Comme tout Symbole, les Nombres ont trois niveaux de lecture, et c'est en s'efforçant de percevoir le troisième niveau cachant, que l'on atteint à la vraie richesse de leur enseignement.

C'est ce que je vais tenter de faire maintenant en étudiant la relation possible, au moins au plan ésotérique, entre les Nombres Un, Deux et Trois.

Un Deux Trois


Ainsi tous les sens possibles sont inscrits dans le Symbole, ils sont inscrits simultanément, et de tout temps, en son sein. Chaque interprète et chaque interprétation fait jaillir à la lumière de la compréhension humaine l'une ou l'autre des significations possibles, mais sans jamais les épuiser toutes. D'autant que l'approche et la compréhension sont toujours et exclusivement subjectives.

Mais soyons pratiques.

Que pouvons-nous conclure de cette étude non exhaustive ? La Tradition nous enseigne que le rôle du sage est de rassembler ce qui est épars. Peut-être accomplirions-nous un pas vers la Sagesse en tentant de faire nôtre cette idée :
"Aux temps messianiques," ceux de ton peuple (les hommes) seront tous des justes, ils posséderont le pays à perpétuité... " Les hommes réunis par une œuvre commune instaureront la paix totale et offriront à Dieu le monde UN ; unis, ils retourneront eux-mêmes au Dieu un et retrouveront, de la sorte, leur propre unité initiale".