Un Deux Trois

 



Tout Nombre peut être considéré soit par rapport à l'ensemble auquel il appartient, l'ensemble de tout ou partie des autres nombres, soit en lui-même, hors de ce contexte.

Ainsi, le Nombre UN est, tout d'abord, le point de départ de la série des nombres. Avant lui, il n'en est aucun, après lui ils sont tous.

Et cela entraîne, tout naturellement, que du point de vue symbolique, le Nombre UN évoque aussi le commencement.

La T.O.B. (Traduction Oecuménique de la Bible) nous dit :
" Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l'abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux,... "

Une image ressort de ce passage, c'est celle de l'unité du ciel et de la terre à cet instant, instant premier de la création, moment précis où Dieu créa la Lumière et la sépara de la ténèbre, avant de séparer de même le ciel et la terre.

On pourrait d'ailleurs tout aussi bien exprimer cette phase par la description du moment qui suivit immédiatement le "Big Bang", un milliardième de seconde après l'instant zéro, tel que le conçoivent certains astrophysiciens.

Ainsi, le UN symbolise à la fois le premier terme d'une série, le premier instant, le premier jour. Seul le UN, avant la dualisation qui mènera à la vie par le nombre Trois, seule l'Unité absolue est la source de toutes choses.

L'Unité absolue! Cette notion est particulièrement ardue à percevoir puisque nous sommes des êtres finis et qu'il s'agit d'une idée infinie.

Ainsi le UN, qui symbolise l'Unité absolue, est inconnaissable.
Et pourtant nous essayons de le connaître. Mais
"Seule l'Unité incompréhensible est indépendante de ce monde ternaire".

Si donc nous voulons tenter de nous élever hors de notre condition de roseau même pensant, c'est par la perception de ce Nombre et de ses rapports avec les deux suivants au moins que nous devons en passer.

Et nous arrivons ainsi à la grande question qui se pose dans le cadre de cette étude : comment passer du UN au DEUX ?

L'Unité absolue est, par nature, indivisible, insécable. Sinon, il ne s'agirait plus de l'Unité absolue, mais d'une unité apparente, d'un ensemble, même homogène, composé d'éléments séparés, même identiques entre eux. Il s'agirait alors du résultat d'une addition, et cela signifierait que chacun des éléments constitutifs serait une Unité d'un ordre inférieur, donc plus proche de l'Unité absolue. Il y aurait entre cette unité apparente et l'Unité absolue le même rapport qui existe entre la molécule et l'atome, entre l'atome et l'électron, entre les particules composées et la particule la plus élémentaire.

Mais ce qui ne peut être divisé, ne peut-on le multiplier? Sans doute. Aussi, me semble-t-il, puisque la division n'est pas le bon chemin, il ne reste que la dualisation. En quelque sorte nous pouvons dire que l'Unité se regarde dans le Miroir et qu'ainsi elle se dédouble formant de la sorte le nombre UN, premier terme d'une future série.

" Le nombre Un, supposé non composé a, philosophiquement, une double nature : il est mâle et femelle... "

Et l'on retrouve la même signification dans la Bible, pour peu que l'on veuille bien tenter d'aller derrière l'apparence immédiate :

 

 

" Dieu créa l'homme à son image,
à l'image de Dieu il le créa;
mâle et femelle il les créa. "
(T.O.B. : Genèse, 1, 27)

 

 

 

 

 

Alors peut intervenir l'étape suivante :
" Le SEIGNEUR Dieu dit " Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée "... Le SEIGNEUR Dieu fit tomber dans une torpeur l'homme qui s'endormit ; il prit une des côtes et referma les chairs à sa place. Le SEIGNEUR Dieu transforma la côte qu'il avait prise à l'homme en une femme qu'il lui amena. " (T.O.B. : Ge-nèse, 2, 18-22)

Et nous voyons alors se manifester la potentialité de la vie à venir, car
" nous avons affaire avec cette toute première entité qui est Trois, c'est-à-dire Un et Deux... " .

Un et Deux, et non pas Un plus Deux. Car répétons le, pour entrer dans la compréhension de ces notions, il faut impérativement faire abstraction de la formation rationaliste que nous avons reçue par ailleurs, et qui ne peut, ici, que nous égarer.
Un et Deux, qui donnent naissance à Trois, non par addition, mais par procréation. Et Trois, qui se manifeste par le Triangle, est aussi et à nouveau le Un, puisque la première des surfaces, la plus simple.
Et Trois, de nouveau Un, va à son tour engendrer en s'unissant au Deux, selon le cycle toujours recommencé de la Vie.

Voici donc l'idée que je me fais du Symbolisme des nombres UN, DEUX, TROIS. Je dis bien "l'idée que je m'en fais". Car, ne l'oublions jamais, un Symbole contient toujours plusieurs interprétations possibles, et chacun en l'expliquant met en avant sa propre découverte. Mais, comme le pensent les sages cabalistes,
" l'auteur d'une trouvaille ne découvre aucune chose nouvelle : il souligne un aspect nouveau de la réalité ".