La légende de
Saint Jacques de Compostelle

Comment saint Jacques fut enterré à Compostelle


Saint Jacques fut décapité le 8 des calendes d'Avril, soit le 25 Mars de notre actuel calendrier. Selon la Légende Dorée, la dépouille du martyr était contenue dans un cercueil de bois de cèdre, chargé sur un vaisseau dépourvu de gouvernail. Celui-ci, accompagné par sept disciples, prit le départ pour la Galice (Espagne) le 25 Juillet. Il fut enseveli à Compostelle le 30 Décembre. Tous ces événements se passèrent durant l'année Quarante-Quatre de notre ère.

La barque des curieux voyageurs s'échoua sur la côte de Galice, au royaume de la Louve, nom qui pouvait signifier à la fois : l'empire de Rome, une louve, une courtisane ou une prostituée (selon Pline et Cicéron). D'autre part, son nom, en tant que souveraine, prouvait qu'elle était vassale de l'empire romain.

Cette reine Louve avait jadis refusé de recevoir l'apôtre qui prêchait dans le pays des Ibères pendant son ministère. Aussitôt débarqués sur la terre ferme, les disciples déposèrent le cercueil de saint Jacques sur une énorme pierre qui se mit aussitôt à fondre merveilleusement comme de la cire pour former un solide sarcophage. Sachant les restes de leur maître protégés, ils allèrent trouver la reine Louve et lui déclarèrent que Celui qu'elle n'avait pas voulu recevoir de son vivant demandait, mort, à être reçu. Ils furent immédiatement emprisonnés, mais, divinement libérés la nuit même par un ange qui ouvrit toutes les portes de leur prison, ils s'enfuirent, poursuivis par les soldats du royaume. Ils ne durent leur salut qu'aux flots d'une rivière tumultueuse qui engloutit leurs poursuivants, de la même manière que le furent les soldats égyptiens traversant la mer Rouge à la poursuite des Hébreux.

Les sept disciples revinrent voir la reine Louve qui leur offrit deux taureaux, sauvages et indomptés, qu'elle présenta hypocritement comme de paisibles bêtes de trait, dociles et paisibles. Elle leur assura de plus qu'elle leur offrirait le territoire où s'arrêterait le char qu'ils tireraient, emmenant ensemble les hommes et la lourde pierre du sarcophage.
D'avance, elle accordait cette halte naturelle comme lieu de sépulture pour le saint disparu.

Après avoir dompté les bêtes récalcitrantes par un signe de croix, puis terrassé en chemin un dragon qu'ils coupèrent par le milieu, grâce à nouveau signe de croix, ils se laissèrent simplement guider par les taureaux assagis qui ne s'arrêtèrent, finalement, qu'au centre du Palais de la Louve elle-même. La Reine, émerveillée par cette succession de miracles, se convertit alors et demanda aux disciples le baptême chrétien. Puis elle transforma son palais en magnifique église, qu'elle dédia au culte de saint Jacques.

(à suivre)

 

 

 

A noter que lors de fouilles archéologiques entreprises entre 1946 et 1954, on découvrit effectivement à Compostelle des ruines romaines, notamment un autel de Jupiter, situées sous la basilique dédiée à saint Jacques.
Cela ne laisse pas de doute, sur ce point précis, quant à la véracité du témoignage rapporté par la Légende Dorée, quand bien même cela n'authentifie pas l'ensemble du récit. Ajoutons que les vestiges de la présence romaine se
trouvaient eux-mêmes installés sur une antique nécropole que l'on rattache à l'âge de Bronze. Cela montre ainsi clairement l'importance céleste et tellurique qu'eut sans doute toujours ce lieu particulier.


© 2001 Robert-Jacques Thibaud

 

 

Pour plus de détails, lire:
Symbolique des Apôtres
Dictionnaire de l'Art Roman