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Le Jeu de l'Oie (origine)

 

 

 

Le premier Jeu de l'Oie naquit il y a trente-deux siècles, tandis que la fière Ilion, la célèbre ville de Troie, résistait victorieusement aux assauts répétés des armées grecques. Agamemnon et ses généraux s'inquiétaient de voir les soldats désœuvrés errer devant les remparts imprenables de la cité. C'est alors que Palamède, élève du centaure Chiron et roi d'Eubée, déjà inventeur de nombreux jeux, de dés, de dames et d'osselets, élabora un divertissement constitué d'un parcours circulaire, procédant directement de la stratégie militaire et du labyrinthe initiatique. Le destin et les dieux réglaient la progression des joueurs : ils avançaient à coup de dé.


 

 

 

Palamède, dont le nom signifie en grec Ancienne sagesse, se rendit célèbre autant en instruisant les soldats qu'en déjouant les ruses d'Ulysse. Il en mourut.




Si certains virent en lui un simple amuseur, d'autres le considérèrent comme un Maître, détenteur de la Connaissance secrète transmise par les aïeux et les sages. Ils comprirent que le Jeu de l'Oie enseignait tout simplement aux soldats achéens l'opiniâtreté et la bravoure, la détermination que nulle épreuve ne lasse. On sait que toutes ces qualités ne furent pas de trop pour parvenir enfin à triompher des défenseurs de l'arrogante Ilion, lesquels, Hector en tête, durent sans doute se procurer aussi des exemplaires de ce jeu, tant leur courage et leur détermination furent immenses. Pratique et symbolique, nouveau et éternel à la fois, le Jeu de l'Oie est en fait universel, puisqu'on trouve parfois dans les tombes égyptiennes des jeux très semblables à ceux qu'utilisèrent les protégés du génial et mythique Palamède.

 

Le disque de Phaistos (Crète -1300)


Un ancêtre du Jeu de l'Oie ?

Palamède, digne élève de Chiron, possesseur de Connaissance, s'était en fait largement inspiré des légendes et pratiques religieuses crétoises, notamment de celles concernant le terrible Minotaure. Le monstre vivait au cœur du labyrinthe de Cnossos et, chaque année, exigeait que lui soit livré quatorze adolescents, Sept jeunes gens et Sept jeunes filles, qu'il dévorait immédiatement. Ce terrible cérémonial ne cessa que lorsque la princesse Ariane, fille du roi de Crète, donna au héros Thésée, le fil indispensable pour retrouver son chemin dans le dédale obscur. Il parvint ainsi jusqu'au monstre, le tua, puis ramena les prisonniers à la lumière du jour.

Le Jeu de l'Oie associe ainsi la progression héroïque dans un parcours en forme de labyrinthe dont les oies sont le fil conducteur. Pendant tout le chemin, il doit lutter pour conquérir une cité inexpugnable. Dans tous les cas, le chevalier, le brave ou le joueur doit atteindre l'inaccessible.

C'est cela qui fait de lui un héros.

 

Voir: Le jeu de l'oie