Le Sphinx nous communique...

 

 

Le Pain traditionnel et symbolique

 

 

Dieu mesurant le monde à l'aide du compas, c. 1250, Bible moralisée

Dieu en tant que l'architecte suprème d'un univers à l'ordonnace géométrique parfaite où l'amour du prochain forme la mesure de toute chose.

 

 

 

 

 

Le Pain traditionnel et symbolique

(sous toutes ses coutures et avec les miettes en prime).

Longtemps nourriture essentielle de l'homme, surtout dans les campagnes, le pain est un aliment suffisamment riche pour donner à l'homme l'énergie physique dont il a besoin.


C'est la raison pour laquelle, sous une forme ou sous une autre, toutes les civilisations ont élevé le pain à la hauteur d'un symbole de vie, l'ont considéré comme la marque de la générosité des dieux et des déesses envers lui.


C'est ainsi que les plus grands dieux de l'humanité sont personnifiés, ou se comparent eux-mêmes, au pain. C'est ainsi que le premier, il y a plus de cinq mille ans, Osiris déclare être le pain de vie des enfants de l'Egypte, que trois mille ans plus tard le Seigneur Jésus-Christ utilise les mêmes phrases pour situer la valeur de son exemple et de son enseignement. Dans le culte catholique, l'Hostie symbolise le pain sans levain, le sacrifice du Seigneur et l'Eucharistie. De plus, l'hostie illustre par sa forme ronde l'éternité et l'universalité de la vie.


C'est la raison pour laquelle les chrétiens demandent rituellement que Dieu leur donne le pain quotidien (in le Notre Père) qui devient en ce sens une double nourriture, physique et spirituelle.


Le pain renvoie naturellement au travail : Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ! déclare Dieu dans la Genèse.
On peut ajouter que le pain est le symbole du travail de l'homme sur terre bien que ce soit avant tout les céréales qui soient à sa base. Osiris était le blé (qui meurt et renaît, selon un cycle reprit par les Evangiles en ce qui concerne la nature du Christ). Si le Grain ne meurt.


La céréale est une divinité (telle Déméter ou Cérès) dans pratiquement toutes les cultures.


C'est précisément cette divinité qui apprend aux hommes comment cultiver, récolter, moissonner le grain, comment le moudre, travailler sa farine, cuire et faire devenir le fruit du labeur un véritable pain nourricier.



Osiris apprit aux hommes à cultiver le blé, à faire la farine et préparer le pain, c'est pourquoi le pain fut toujours considéré comme divin et sacré par les égyptiens.


L'entité divinisée, ou l'initié mangeant le pain d'Osiris, communie avec le dieu, et se nourrit de lumière, car en mangeant le pain "Il avale l'esprit, il avale le savoir et l'intelligence de tout dieu." Le gâteau, c'est l'Oeil d'Horus, c'est-à-dire la Lumière.


Ainsi, manger le pain consistait à se nourrir du mystère universel, du triomphe de la vie sur les forces destructrices de la mort. Une inscription des pyramides déclare qu'en mangeant du pain (un défunt) "Avale l'esprit, avale le savoir et l'intelligence du dieu."




Manne.

Dans l'Ancien Testament (Bible) l'Eternel envoya la manne aux Hébreux pendant qu'ils traversaient le désert (Exode). Cet aliment symbolise le pain et préfigure l'eucharistie pour les chrétiens. C'est naturellement un signe de la bonté de la divinité envers les hommes.


Le pain Azyme (Qui est sans levain) est un pain sans levain que les Juifs mangent pour commémorer cet événement. Dans le culte catholique, le pain azyme est utilisé pour confectionner les hosties de l'Eucharistie.


A l'inverse de l'Eglise catholique romaine, l'Eglise orthodoxe utilise du pain avec levain. Ce qui constitua l'un des griefs dressés contre les azymites lors du schisme de 1054.


Bethléem c'est-à-dire : Maison du pain en hébreu.


Ville située à 7 kilomètres au sud de Jérusalem, regardée comme le lieu d'origine de la dynastie de David et la cité natale de Jésus.



La faucille est souvent associée, au moins symboliquement, au blé et au pain, en raison de son rôle dans la moisson, en plus de ses liens avec le dieu Saturne, le gui des druides et l'arc d'argent d'Artémis, sœur du dieu soleil Apollon. C'est pourquoi avec le grain, la faucille manifeste une des fonctions de la Lune car la moisson clôt un cycle de vie inauguré par la mort du grain de blé. La faucille, comme la faux, marque cette fin positivement en signifiant récolte et alimentation, spirituelle et physique. Elle annonce le symbolisme de la farine, du pain futur et d'autres promesses de transformations.



Dans la Rome impériale, les boulangers (pisteurs) célébraient le 9 juin les Vestalies en l'honneur de Vesta.
Jupiter Pistor ou Jupiter Boulanger.


Selon Ovide (Fastes) lorsque les féroces Gaulois assiégèrent Rome, les Romains invoquèrent Jupiter et le grand dieu leur conseilla de jeter par-dessus les murs ce qu'ils avaient de plus précieux. Tout en priant Cérès, ils confectionnèrent alors, avec leur reste de farine, des miches de pains qu'ils lancèrent contre les assaillants qui pensèrent que Rome était largement approvisionnée et possédait de quoi tenir un très long siège. A cause de cela ils abandonnèrent leur assaut. En reconnaissance, les Romains édifièrent un temple à Jupiter Pistor ce qui associait le symbolisme du blé (vie, mort et renaissance) à la destinée de la ville.



Dans la Légende Dorée, il est raconté comment un chien nourrit saint Roch en lui apportant chaque jour un pain frais afin qu'il survive tandis qu'un ange le soigne de la lèpre.
Les représentations montrent que saint Roch est blessé à la cuisse, symbole de l'initiation qu'il vient de recevoir (est-ce une maladie symbolique ?). Le pain est donc ici à la fois aliment et symbole spirituel comme il l'est dans le miracle de la Multiplication des pains par Jésus-Christ.



Dans les premières phases de l'initiation des ordres maçonniques ou Rose-croix, le profane est introduit dans un CABINET DE REFLEXION, pièce obscure au décor macabre, dans laquelle le profane médite avant d'être admis aux épreuves. L'impétrant qui s'y trouve enfermé est confronté à des objets symboliques tels que pain, sel, cruche d'eau, bougie et tête-de-mort, afin de se préparer à mourir au monde profane pour renaître à une nouvelle vie initiatique.


Le terme Compagnon est assuré à partir du XIe siècle (1080) dans notre langue. Il signifiait alors Celui qui partage le pain, et non celui qui se sert du compas, comme on peut le lire parfois pour faire entrer de force un principe symbolique qui ne s'y trouvait pas à l'origine.